UN LIVRE À SOI

15 février-29 mars

Gaëlle Callac écrit, dessine, colle et découpe, photographie, filme. Abécédaire, trèfle à quatre feuilles, pages de titres, saynètes. Il y a chez elle une alchimie de la collecte, socle de ses images. Ilann Vogt tisse à la main des textes découpés en lamelles pour réaliser des oeuvres uniques inspirées de la nature du texte originel. Si les pages sont lacérées, les mots conservent toujours leur intégrité.

Six années aujourd’hui qu’Ilann Vogt et Gaëlle Callac collaborent fréquemment dans une parfaite entente, à la relecture des livres, l’un par le tissage, l’autre par la gravure et les dessins. Leur travail à quatre mains répète sans cesse les textures et les images, crée le chemin du voir, d’un langage accessible un jour ou l’autre à tous les sens.

L’ART DANS TOUT

04 -28 décembre

L'exposition collective L'ART DANS TOUT vient clôturer cette première année avec une proposition qui rassemble des savoir-faire d'excellence. Les professionnels et professionnelles des métiers d'art invité.es à la galerie ont des champs variés d'action, au service de la création contemporaine. Cette exposition s'inscrit dans une volonté de décloisonnement entre art contemporain et artisanat d'art et donc de nourrir le dialogue.

Elle réunit Elena Zitrone, Otto Dettmer, Agathe Briqué, Mélanie Dusarse, Marie Färber, Jayne Armstrong, Nathalie Douillard, Vital Lainé, Arno Hérmon, Andreea Zahiu et Maryse Dugois.
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Cette exposition valorise la modernité des différentes techniques exposées, avec pour chacun chacune, des collaborations en France ou à l'international, des participations à des salons reconnus et des superbes distinctions.



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UN DEUXIÈME ESPACE

3 octobre - 23 novembre

Le deuxième espace est-il celui de l’imaginaire, celui dans lequel on s’incarne ? On ne sait pas trop de quel côté se situe-t-on face aux dessins de Justine Joly. Il y a une ambiguïté dans son travail, s’agit-il d’espaces réels ou d’espaces fantasmés ? De manière générale, il y a dans le travail de Justine une omniprésence des lieux et des espaces habités, au sens propre comme au sens figuré.  

Comme l’énonce Bachelard dans La poétique de l’espace (1957), « la maison est notre coin du monde. Elle est notre premier univers. Elle est vraiment un cosmos. Un cosmos dans toute l'acception du terme (...) »

Au rez-de-chaussée, des assemblages d’images, des paysages reconstitués. À l’étage, une série autour du lit et du drapé. C’est l’idée de l’intimité des lieux, avec des plans rapprochés et un hors-champ très présent qui pose le décor d’une intrigue. Le lit a une grande portée symbolique, d’autant plus que c’est un rêve vieux de plusieurs années qui a servi de point de départ à cette exposition.

Cette proposition d’exposition est arrivée à un moment singulier pour Justine Joly, alors plongée dans une période de recherche non formalisée autour de l’image et de sa portée narrative. Elle a donc été l’occasion de ranimer un rêve de lacs et de forêts et de poursuivre ses réflexions autour de sa pratique, tant par rapport au geste qu’à la matière. « La forêt est un état d’âme » nous dit Bachelard. Celle qui occupe désormais la galerie invite à explorer les méandres de l’imagination. La question étant de savoir : où mènent ses images ? 

ALORS, ÇA MORD ?

26 juillet - 14 septembre

« C’était ma première passion gamin, observer les tritons ou les salamandres dans les cours deau, les flaques. Quand on pêche dans une rivière, on réalise plus facilement la santé des milieux. C’est à l’échelle humaine. » Pêcheur et artiste plasticien, Nicolas Rabant traduit à travers la peinture et la sculpture son émerveillement pour le microcosme des rivières .  

Les mulettes perlières (Margaritifera margaritifera) sont des bivalves en danger d’extinction. Appelé kregen dour dous en breton, la vie de la mulette perlière est liée à celle de son poisson-hôte : la truite fario ou le saumon atlantique. On parle de symbiose. Les larves de quelques semaines se fixent dans les branchies du poisson. Un an plus tard, la jeune mulette se laisse tomber et s’enterre dans le substrat de la rivière.

Marie de Médicis fit orner de 32 000 perles la robe qu’elle porte le jour du baptême de son fils, le futur Louis XIII. Trente deux millions de mulettes en provenance des rivières européennes furent ramassées pour confectionner la robe. « Ça me parle plus dans ma démarche d’associer l’Histoire à celle des animaux. La rivière est un trésor à l’intérieur duquel on en trouve un autre : la truite. Cette dernière transporte un trésor, la mulette, qui elle-même contient une perle ».

En Bretagne comme ailleurs, la disparition des salmonidés, les rejets liés aux activités agricoles, industrielles ou urbaines ou l’artificialisation des bassins versants pèsent sur les conditions de vie des êtres vivants. Le travail de Nicolas Rabant vient peupler la galerie avec le monde mystérieux et magique des rivières. 

VOLUTES PARTENT EN FUMÉE

13 juin - 20 juillet

Iwan Warnet brouille les frontières entre abstraction et figuration avec sa peinture.

Il explore, à travers les ambiguïtés de la représentation, la part active des regardeur·euse·s dans la perception d’une image. Iwan se place du côté de l’allusion plutôt que de l’affirmation, joue du soupçon d’aspect et du ralentissement du regard. Il crée une œuvre de l’indice et du fragment, guidée par un rapport intime à la figure humaine. 

Cette dernière, souvent présente en filigrane, affleure par traces ou par évocations sensibles. Les matières ont une dimension affective dans les œuvres d’Iwan Warnet : les roses de la teinture de garance peuvent évoquer la peau, une toile se pare d’un bijou et de fard dans une revisite du thème du nocturne. 

Dans sa série de dessins Des lignes d’erre, les corps fluides dialoguent avec les plantes, dans un territoire indéfini. Le genre des figures n’importe plus, les lignes qui les dessinent s’égarent. Et dans les peintures qui en découlent, les sujets n’apparaissent que de façon discrète, émergeant à peine d’un entrelacs de tons rapprochés. Ses peintures et dessins se déploient pour un regard qui prend le temps de rentrer dans les surfaces, de tisser des liens entre les œuvres. Et qui prête du sens autant qu’il en décèle. 

Avec Volutes partent en fumée, Iwan Warnet présente un corpus d’oeuvres récentes, issues de ses expérimentations à la Tannerie (Bégard) avec des techniques de teinture végétale.

LE MONDE PERDU

11 avril - 11 mai

L’exposition réunit le travail de cinq artistes, Sosthène Baran, Louis Ziéglé, Maëlle Lucas-le Garrec & Maho Nakamura et Jules Le Maut (Courtesy La galerie à venir).

La science-fiction, le surnaturel, les extraterrestres, les récits religieux et l’apparition caractérisent les recherches picturales de Sosthène Baran. Les volumes, les corps et les figures errent dans des paysages brouillés. Louis Ziéglé s’inspire lui des mythes antiques et contemporains, des superstitions familiales et des légendes. Il réalise des images énigmatiques, souvent teintées de magie. Les sculptures de Maëlle Lucas-Le Garrec explorent les liens entre les objets du quotidien et les croyances populaires. Maho Nakamura produit des œuvres dont les sources sont multiples : écho à la statuaire grotesque, à l’art rocaille ou à la tradition de la porcelaine du Grand siècle. Enfin Jules Le Maut développe un travail autour de l’animal et des récits imaginaires. Son bestiaire, comme autant de totems d’un autre monde, se trouve aux frontières du réel.

« Au-dessus de nous se dressait le massif Ricardo Franco. Ni le temps ni le pied de l’homme n’avaient jamais effleuré ces cimes. Elles se dressaient là comme un monde perdu, couvertes d’arbres, et l’imagination pouvait y esquisser les contours de derniers vestiges d’une ère depuis longtemps révolue. »

Percy Harrison Fawcett

LA FORME DES MOTS

15 février- 30 mars

La littérature, la recherche et l'obsession pour la lettre font naître le calligramme.
Le mot devient dessin et ouvre une dimension extralinguistique. Cécile Chiron agence chaque trait, chaque courbe et chaque mot pour créer des œuvres d’art typographiques. Ces images poétiques transcendent la signification littérale des textes à partir desquels elle travaille. Ces dentelles d’encre surgissent d’un impérieux besoin d’écrire.

À l’étage de la galerie, un Enfer, à l’image de celui que l’on trouve dans la Bibliothèque Nationale. C’est là que sont conservés des livres rares, précieux ou jugés controversés. Cela ne signifie pas nécessairement qu’on les soustrait du regard, mais plutôt qu’on les considère avec une attention particulière. Ces ouvrages, relégués à l'ombre, renferment des histoires oubliées, des connaissances négligées. 

Les calligrammes redonnent vie à ces trésors et les libèrent de leur confinement silencieux. Comme un hommage à leur beauté restée cachée. Lorsque l'écriture se transforme en images, les livres cachés s'ouvrent et révèlent leurs secrets. Le spectateur peut alors explorer les méandres de la pensée.

La bibliothèque de Cécile Chiron suscite l’émerveillement et invite à partir en voyage, au-delà des signes.